L'essentiel

  • Le bail commercial 3-6-9 dure 9 ans minimum : le locataire peut partir tous les 3 ans (préavis 6 mois), le bailleur est engagé sur les 9 ans.
  • Le loyer se révise selon l'ILC (commerces, artisans) ou l'ILAT (bureaux, tertiaire) — jamais l'IRL du résidentiel.
  • Depuis la loi Pinel, les charges refacturables sont encadrées : certaines dépenses (gros travaux de l'article 606, honoraires du bailleur) restent à la charge du propriétaire.
  • Le droit au renouvellement (propriété commerciale) est protecteur pour le locataire : refuser sans motif ouvre droit à une indemnité d'éviction, souvent élevée.
  • Une erreur — mauvais indice, charge indûment refacturée, congé hors délai — peut coûter cher : le bail commercial s'anticipe et se gère avec méthode.

Un local commercial ou des bureaux, c'est souvent l'actif le plus rentable d'un patrimoine immobilier — mais aussi le plus technique. Là où le bail d'habitation est très encadré et relativement standardisé, le bail commercial laisse une grande liberté contractuelle, sous réserve d'un statut protecteur du locataire. Résultat : la moindre imprécision se paie, parfois très cher, au moment de la révision du loyer ou du renouvellement. Voici, point par point, ce qu'un propriétaire doit comprendre du fameux « 3-6-9 », à jour de la réglementation 2026.

1Le bail 3-6-9, qu'est-ce que c'est ?

Le bail commercial relève du statut des articles L145-1 et suivants du Code de commerce. Il s'applique aux locaux dans lesquels est exploité un fonds de commerce, artisanal ou industriel. Sa durée minimale est de neuf ans.

L'appellation « 3-6-9 » vient de la faculté offerte au locataire de résilier à l'échéance de chaque période triennale — au bout de 3, 6 ou 9 ans — moyennant un préavis de six mois. Le bailleur, lui, reste engagé sur toute la durée : il ne peut pas donner congé à sa guise. Cette asymétrie est au cœur du statut : elle sécurise l'activité du preneur.

La propriété commerciale. Au-delà de la durée, le locataire dispose d'un droit au renouvellement du bail : c'est ce qu'on appelle la « propriété commerciale ». Elle a une vraie valeur patrimoniale — et des conséquences directes pour le bailleur, que nous détaillons plus bas.

2Bail commercial ou bail professionnel ?

On confond souvent les deux. Le choix dépend de l'activité exercée dans le local, et il engage durablement les parties.

Bail commercial (3-6-9)Bail professionnel
Pour quiCommerçants, artisans, industrielsProfessions libérales non commerciales
Durée minimale9 ans6 ans
Indice de révisionILC (ou ILAT selon l'activité)ILAT
RenouvellementDroit au renouvellement (propriété commerciale)Pas de droit automatique
SouplesseCadre protecteur, plus formalisteRégime plus souple

Choisir le mauvais régime — par exemple un bail professionnel pour un commerçant — expose à des requalifications et à des litiges. Le bon cadre se détermine dès la mise en location.

3Le loyer : fixation, indexation et révision

À la signature, le loyer est librement fixé entre les parties. C'est ensuite qu'interviennent les règles propres au bail commercial, autour de deux mécanismes à ne pas confondre : l'indexation annuelle et la révision triennale.

L'indice : ILC ou ILAT

Le loyer commercial ne se révise jamais selon l'IRL (réservé au résidentiel), mais selon un indice publié chaque trimestre par l'INSEE :

L'indice de référence doit être précisé au bail. Appliquer le mauvais indice, ou une valeur INSEE erronée, est une source classique de contestation.

La révision triennale

En vertu de l'article L145-38 du Code de commerce, le loyer peut être révisé tous les trois ans, dans la limite de la variation de l'indice de référence. Point essentiel : cette révision n'est pas automatique. Elle doit être demandée par le bailleur, par lettre recommandée, sur la base de la valeur INSEE publiée.

⚠️ Un bailleur qui oublie de demander la révision triennale ne récupère pas rétroactivement le manque à gagner : chaque ajustement non réclamé est perdu. C'est l'une des « fuites » les plus fréquentes chez les propriétaires qui gèrent seuls.

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4Les charges : ce que la loi Pinel a changé

Avant 2014, le bail commercial permettait de refacturer au locataire à peu près toutes les charges. La loi Pinel du 18 juin 2014 et son décret d'application ont mis fin à cette liberté totale.

Désormais, le bail doit comporter un inventaire précis et limitatif des catégories de charges, impôts et travaux, avec leur répartition entre bailleur et preneur, ainsi qu'un état prévisionnel des travaux. Surtout, certaines dépenses ne peuvent jamais être mises à la charge du locataire (article R145-35 du Code de commerce) :

La taxe foncière, en revanche, peut être refacturée au locataire si le bail le prévoit expressément. Une répartition non conforme peut être contestée : mieux vaut un inventaire carré dès le départ.

5Renouvellement et indemnité d'éviction

C'est le sujet le plus lourd d'enjeu. À l'expiration du bail, le locataire bénéficie d'un droit au renouvellement. Deux issues sont possibles :

Cette indemnité vise à réparer le préjudice subi par le locataire évincé. Elle correspond souvent à la valeur du fonds de commerce, augmentée des frais de déménagement et de réinstallation — elle peut atteindre des montants très élevés, parfois plusieurs années de loyer.

À anticiper des années à l'avance. Un renouvellement mal préparé, un congé délivré hors délai ou dans de mauvaises formes peut transformer une simple fin de bail en indemnité lourde. C'est précisément le type de décision où l'accompagnement d'un gestionnaire expérimenté, épaulé au besoin par un avocat spécialisé, se rentabilise immédiatement.

6Et la TVA sur les loyers ?

La location de locaux nus à usage professionnel est en principe exonérée de TVA. Mais le bailleur peut opter pour l'assujettissement à la TVA sur les loyers, ce qui permet notamment de récupérer la TVA sur les travaux et gros investissements. Ce choix a des conséquences comptables et fiscales durables : il s'arbitre au cas par cas, idéalement avec un expert-comptable.

Pourquoi se faire accompagner

Le bail commercial récompense la rigueur et sanctionne l'improvisation. Entre l'indice à appliquer au bon moment, les charges à répartir dans les règles, les échéances triennales à suivre et le renouvellement à préparer, chaque étape est une occasion de sécuriser — ou de perdre — de la valeur. C'est exactement le rôle d'un administrateur de biens spécialisé : suivre les échéances, appliquer les bonnes règles, et vous éviter les erreurs coûteuses.

La Nouvelle Parisienne gère les locaux commerciaux et bureaux à Paris avec la même proximité qu'en résidentiel, et l'expertise supplémentaire propre au bail commercial : un interlocuteur unique, des honoraires transparents et déductibles, et un réseau de partenaires juridiques et comptables pour sécuriser chaque décision.

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Prendre rendez-vous

Sources : Code de commerce, articles L145-1 et suivants (statut des baux commerciaux), L145-38 (révision triennale), R145-35 (charges non imputables) ; article 606 du Code civil (grosses réparations) ; loi n° 2014-626 du 18 juin 2014 (loi Pinel) et décret n° 2014-1317 ; INSEE (indices ILC et ILAT, valeurs publiées trimestriellement ; ILC T1 2026 = 135,26). Informations à jour de juillet 2026, à valeur indicative ; ce contenu est informatif et ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé.

Delphine Deboulet, directrice de la gestion locative

Article rédigé par l'équipe de La Nouvelle Parisienne, sous la direction de Delphine Deboulet, directrice de la gestion locative.

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