L'essentiel

  • Réagissez dès le premier retard : une relance rapide règle la majorité des situations avant qu'elles ne s'enveniment.
  • La procédure suit un ordre légal strict : relance → mise en demeure → commandement de payer → juge → expulsion. On ne peut pas la court-circuiter.
  • Depuis la loi du 27 juillet 2023, le locataire a 6 semaines (et non plus 2 mois) pour régulariser après le commandement de payer.
  • Se faire justice soi-même (couper l'eau, changer la serrure) est interdit et sanctionné. Seul un commissaire de justice avec décision de justice peut expulser.
  • La vraie protection est en amont : un dossier sélectionné avec rigueur et une GLI bien souscrite ramènent le risque d'impayé à zéro.

Un loyer qui ne tombe pas à la date prévue, c'est l'angoisse numéro un du propriétaire bailleur. La bonne nouvelle : la loi organise une procédure précise pour recouvrer votre dû et, si nécessaire, récupérer votre logement. La moins bonne : cette procédure est longue, formaliste, et la moindre erreur peut la faire échouer. Voici, étape par étape, ce qu'il faut faire — et dans quel ordre — face à un locataire qui ne paie pas, à jour de la réglementation 2026.

1Dès le premier retard : la relance amiable

Ne laissez jamais un retard s'installer. Dès que le loyer n'est pas versé à la date convenue, prenez contact avec votre locataire : un simple appel ou un e-mail suffit souvent à débloquer la situation (oubli, incident bancaire, difficulté passagère). Beaucoup d'impayés se règlent à ce stade, sans le moindre conflit.

Si le premier contact reste sans effet, envoyez une lettre de relance rappelant le montant dû et la date d'échéance. Gardez une trace écrite de chaque démarche : elle vous sera utile plus tard. À ce stade, le dialogue reste la meilleure arme — un échéancier de rattrapage vaut mieux qu'une procédure de plusieurs mois.

Le bon réflexe : traitez le premier retard comme un signal, pas comme un drame. Un locataire de bonne foi qui traverse une difficulté ponctuelle se remet à jour d'autant plus facilement qu'on lui a parlé tôt et sans agressivité.

2La mise en demeure par lettre recommandée

Sans régularisation, passez à la mise en demeure : une lettre recommandée avec accusé de réception, plus solennelle, qui somme le locataire de payer sous un délai précis (en général 8 à 15 jours) et l'avertit des suites judiciaires. C'est la dernière étape amiable avant l'intervention d'un professionnel du droit.

Si le bail comporte une clause de solidarité avec un colocataire ou si un garant s'est porté caution, informez-les en parallèle, également par recommandé : la caution est tenue de la dette et peut être actionnée.

3Activer vos garanties : caution, Visale, GLI

Avant d'engager des frais de justice, mobilisez les protections souscrites au moment de la mise en location. Selon votre situation :

C'est ici que tout se joue. Avec une GLI bien souscrite, vous continuez de percevoir vos loyers pendant toute la procédure : l'impayé devient un problème de l'assureur, plus le vôtre. Sans garantie, vous avancez seul, sans revenu, pendant des mois.

4Le commandement de payer (délai de 6 semaines)

Faute de règlement, on entre dans la phase judiciaire. Première pièce maîtresse : le commandement de payer, délivré par un commissaire de justice (l'ancien huissier). Cet acte vise la clause résolutoire du bail — la clause qui prévoit la résiliation automatique en cas d'impayé.

Point capital, modifié par la loi du 27 juillet 2023 : le locataire dispose désormais de six semaines (au lieu de deux mois) à compter de la signification pour régler l'intégralité de sa dette. Le commandement doit aussi mentionner la possibilité de saisir le Fonds de solidarité pour le logement (FSL) et les coordonnées de la CCAPEX (commission de prévention des expulsions).

⚠️ Pendant ces six semaines, vous ne pouvez engager aucune action judiciaire fondée sur la clause résolutoire. Si le locataire paie tout dans le délai, le bail se poursuit normalement. C'est seulement passé ce délai, sans règlement, que la clause résolutoire est acquise.

5La saisine du juge et la résiliation du bail

Le délai de six semaines écoulé sans paiement, vous saisissez le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire, par assignation délivrée par commissaire de justice. Le juge peut alors :

Cette étape suppose l'intervention d'un professionnel : dans le cadre d'un mandat de gestion, votre gestionnaire coordonne le commissaire de justice et, si besoin, l'avocat, et suit la procédure jusqu'à son terme.

6L'expulsion : délais, trêve hivernale et réalité

Munie de la décision d'expulsion, la procédure se termine par un commandement de quitter les lieux, délivré par commissaire de justice. Le locataire dispose alors d'un délai de deux mois avant que l'expulsion puisse être exécutée — délai que le juge de l'exécution peut allonger.

Il faut aussi compter avec la trêve hivernale : du 1er novembre au 31 mars, aucune expulsion ne peut être réalisée sur la résidence principale (sauf exceptions). La procédure, elle, continue pendant la trêve ; seule l'exécution matérielle est reportée.

⚠️ À aucun moment vous ne pouvez expulser vous-même, couper l'électricité, l'eau ou changer la serrure. Ces « voies de fait » sont un délit (jusqu'à 3 ans de prison et 30 000 € d'amende) et se retournent systématiquement contre le propriétaire. Seul un commissaire de justice, avec décision de justice, peut agir.

Combien de temps, combien ça coûte ?

Entre le premier impayé et la récupération effective du logement, il faut être réaliste : la procédure prend souvent plusieurs mois, parfois plus d'un an, selon l'encombrement des tribunaux, les délais accordés et la trêve hivernale. Voici les grandes étapes et leur horizon indicatif :

ÉtapeDélai indicatif
Relance et mise en demeureQuelques jours à 3 semaines
Commandement de payer → délai légal6 semaines
Assignation et audiencePlusieurs mois (variable selon le tribunal)
Commandement de quitter les lieux2 mois (+ éventuels délais de grâce)
Trêve hivernaleReport éventuel jusqu'au 31 mars

Côté coût, les actes de commissaire de justice, l'éventuel avocat et les frais de procédure représentent plusieurs centaines à plusieurs milliers d'euros — pris en charge par la GLI lorsqu'elle a été souscrite. Sans elle, le propriétaire avance ces frais tout en ne percevant plus de loyer.

La meilleure procédure, c'est celle qu'on évite

Tout ce parcours illustre une vérité simple : face à l'impayé, la prévention vaut infiniment mieux que le recouvrement. Deux leviers, combinés, ramènent le risque à quasi zéro :

C'est exactement le rôle d'un gestionnaire : sélectionner le bon locataire, souscrire les bonnes garanties, et — si l'impayé survient malgré tout — piloter la procédure de A à Z sans que vous ayez à en subir la charge.

En confiant votre bien à La Nouvelle Parisienne, chaque mandat de gestion associe sélection stricte des dossiers et GLI : vos revenus sont sécurisés, et nous gérons tout impayé jusqu'à sa résolution.

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Prendre rendez-vous

Sources : Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 (rapports locatifs) ; loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023 (délai du commandement de payer ramené à 6 semaines) ; Code des procédures civiles d'exécution (trêve hivernale, art. L412-6) ; Service-Public.fr et ANIL (procédure de recouvrement et d'expulsion). Informations à jour de juillet 2026, à valeur indicative. Ce contenu est informatif et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé ; chaque situation doit être appréciée par un professionnel.

Delphine Deboulet, directrice de la gestion locative

Article rédigé par l'équipe de La Nouvelle Parisienne, sous la direction de Delphine Deboulet, directrice de la gestion locative.

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